Click droit non autorisé.

L’Islande par Leila Morais

Arrivée à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, je ne réalisais pas encore dans quoi je m’embarquais jusqu’à ce que je rencontre l’équipe. Nous étions 16 venus d’ici et d’ailleurs, 16 excités unis autour d’une même passion qu’est le voyage, la création artistique, l’amour pour le Free Spirit mais surtout un même intérêt et une même inquiétude : sensibiliser le monde à notre manière sur la fonte des glaciers en Islande.

Le Free Spirit ce n’est pas seulement mettre en valeur le talent d’artistes, c’est aussi aborder des problèmes qui nous concerne tous et je suis fière d’avoir pu mettre ma patte sur un tel projet. Cette aventure a été pour moi une expérience magique riche en émotions, sensations et rencontres, mais elle a été par dessus tout un challenge et une véritable prise de conscience.

Le premier jour 

Nous voilà partis pour le premier spot, la plage de diamants au Jokulsarlon. Sur le chemin, le climat et les paysages changeaient constamment. La pluie, le beau temps, les arcs en ciel, se projetaient sur des cascades, des falaises, des étendues à perte de vue. Il était beau de voir qu’ici, la nature n’avait pas été touchée par l’homme.

A la plage de diamants, le paysage était juste à couper le souffle mais les températures avaient chuté à vive allure et la pluie glaciale me faisait douter du bon déroulement de l’aventure. Julie, qui n’a pas perdu une minute, enfilait son costume qui ne couvrait que très peu de chair et je me disais mais comment fait-elle ? J’ai alors calqué mon attitude sur la sienne et me suis mise dans la peau de mon personnage. Une Reine de glace.

Le froid..Je ne ressentais que le froid.. Mes cheveux frisés étaient trempés, tout mon corps tremblait et mes mains étaient gelées. Le décor était transcendant mais j’avais du mal à poser, à donner une expression à mon visage. Anya, en bon samaritain et photographe professionnel me guidait et me soutenait car elle comprenait ce que je traversais. J’ai alors suivi ses indications à la lettre jusqu’à ce que Fabrice, inquiet pour ma santé, me dise de tout arrêter et de rentrer dans la voiture me réchauffer.

Arrivés sur le second spot, le glacier Svinafellsjokull, je n’ai pas eu le courage d’affronter de nouveau le froid et le vent glacial. Mon corps s’en remettait à peine. J’étais triste et terriblement déçue de ne pas y être arrivée et j’avais peur du résultat des photos malgré tous les mots d’encouragement de l’équipe. Je m’étais alors fait la promesse de donner tout ce que j’avais pour le lendemain.

Ainsi, j’en ai profité pour ouvrir les yeux sur ce qui m’entourait. J’ai constaté avec inquiétude à quel point le glacier avait fondu et continuait de fondre… Il n’était plus aussi bleu que sur les belles images que Google nous fait voir. Il était recouvert en surface de boue et une multitude de blocs de glace flottaient autour de lui. Toutes ses choses qu’on entend à la télé concernant l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers prenaient alors tout leur sens. Voir ce phénomène de ses propres yeux change vraiment la donne, impossible de rester insensible et de ne pas penser à ce que serait le monde aujourd’hui si chacun y mettait du sien pour l’améliorer. Nous étions là pour tenter de répondre artistiquement à ce besoin.

Le deuxième jour 

A la plage Reynisfjara ce jour-là, le temps était déjà plus clément que la veille et nous offrait un beau coucher de soleil. Mais pas le temps de rêvasser, nous n’avions que quelques heures pour tout boucler. Costume, coiffure et maquillage en place, j’ai foncé pour m’installer devant cette impressionnante falaise d’orgues basaltiques. Pieds nus plongés dans le sable noir, je faisais abstraction du froid et m’imprégnais des lieux pour poser face à Honorine, Grace et Audric. Mission accomplie, tout le monde est donc repartis satisfait de cette expédition et la tête pleine de souvenirs.

Je suis fière de notre équipe, nous sommes vraiment partis à l’aventure, sans vraiment savoir où on allait finalement puisque nous faisions nos premiers pas sur une terre inconnue. Chacun avait son rôle, chacun a montré jusqu’où il était capable d’aller pour réaliser un beau projet avec une réelle intention malgré des conditions peu optimales. Lancés dans l’aventure les yeux fermés, on se faisait confiance et on gardait le sourire.

J’espère sincèrement et je suis véritablement persuadée que les photos de ce projet VOUS toucheront, comme elles nous ont déjà touchés. Elles sont percutantes, ont une vraie valeur et une portée significative. Une image vaudra toujours mille mots.

Leïla Morais

 

Leave a comment