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Voyage en Islande par Hélène

Ce projet artistique a sans doute été l’une des expériences les plus marquantes de ma vie.

Une expérience qui a duré 2 jours seulement, un temps très court, mais finalement suffisant pour apprendre et réaliser énormément de choses lorsqu’on est déterminé, motivé, transporté et si bien entouré.

Ce projet nous a fait dépasser nos limites, il nous a poussé jusqu’au bout de nos capacités physiques. Il a été dur, exigent mais si riche et intense sur tous les plans.

> Humain tout d’abord

Nous étions 16 passionnés, venant des 4 coins du monde à s’être lancés dans cette aventure. J’ai été surprise par la volonté commune qui nous unissait tous, malgré la distance entre nous, malgré les différences de culture, de langue, de personnalité, de métiers, ou de vie tout simplement.

Nous n’avions que faire de toutes ces différences puisqu’un seul but nous motivait: la création artistique pour une cause noble, celle de la sauvegarde de notre planète. Et nous nous sommes surpassés.

Nous sommes arrivés le vendredi soir à minuit à l’aéroport depuis Paris. Un premier groupe était arrivé plus tôt dans l’après-midi et nous attendait à l’hôtel. Nous étions les derniers à arriver mais nous devions encore attendre Maria et Grace qui venaient du Danemark et Anya qui venait des Etats Unis.

Fabrice m’avait nommée responsable pour récupérer tout le monde. J’ai pris mon rôle au sérieux car je ne voulais en aucun cas oublier quelqu’un ou perdre un membre de notre groupe. Il fallait que tout le monde suive, il fallait ouvrir les yeux, trouver les points de rdv pour récupérer le reste du groupe, être attentive et tenter d’identifier tout le monde rapidement. Nous étions tous fatigués, impatients d’arriver, il a été difficile pour moi de canaliser toutes ces émotions.

Puis vers une heure du matin, nous nous sommes enfin dirigés vers le point de location de voiture où il nous a fallu plus d’une heure pour régler les papiers et prendre la route.

Fabrice avait anticipé et nous avait bien annoncé que nous aurions 2h de route minimum. Mais ce n’est qu’une fois après avoir démarré que je me suis rendue compte que la suite allait être dure… Antoine et Jay-C ont pris le volant et on assuré comme des pilotes. Ils ont conduit sans s’arrêter pendant 2h, en pleine nuit, sur une route des plus monotones… Aucun relief, parfois sans éclairage, des paysages nus à perte de vu… Il régnait dans la voiture un silence de mort! Les passagers étaient exténués après leur journée de travail, plus le voyage.

Je n’ai pas voulu laisser Antoine conduire seul, j’ai donc tenu à rester éveillée. Je parlais pour ne pas dormir, malgré mes paupières lourdes et mes yeux qui me brulaient…

Fabrice était inquiet. Il m’appelait toutes les demi-heures. Lui aussi nous a accompagné à distance. Le savoir présent mentalement nous a beaucoup aidé.

A 3h00, nous sommes enfin arrivés. L’arrivée à l’Hôtel a été comme une délivrance! Nous aurions pu dormir n’importe où, n’importe comment, tellement nous étions fatigués.

Fabrice nous attendait et nous a accueilli avec le sourire. Un sourire franc et chaleureux, qui nous a redonné la force de lui raconter notre périple le soir même! Le voir debout en plein milieu de la nuit, nous attendre m’a énormément touché. Je me suis dit que nous formions un vrai groupe, une vraie équipe et que tous nous étions embarqués dans la même aventure.

> Puis cette aventure a été un réel challenge physique dans un second temps.

Nous avons été soumis à des conditions extrêmes pendant les shoots et le tournage. Les températures étaient très basses, quelques degrés au dessus de zéro et nos costumes étaient légers comme l’air.

Fraise au Loup a réalisé un travail d’orfèvre pour réaliser des créations toutes plus spectaculaires les unes que les autres. Des créations d’une autre dimension en accord parfait avec un décor cassement surnaturel à couper le souffle !

Nous les danseuses, avions des robes de voiles. Le vent glacial pénétrait de tous les côtés faisant virevolter le tissu dans tous les sens. Je regardais Georgina, puis Rubis danser, elles semblaient envoutées!

Le regard de Gina était transformé en même temps qu’elle enchainait les pas. Un regard fixe, d’une intensité extrême. J’ai lu dans ses yeux toute l’émotion qu’elle éprouvait à ce moment. J’en ai eu des frissons.

De même pour Rubis, ses expressions étaient graves, maitrisées et si juste à ce moment là, elle semblait guidée.

A tour de rôle, nous dansions, comme si nous étions possédées.

Je me souviens me lancer sous la caméra de Jay-C en me disant que c’était maintenant que je devais donner le meilleur de moi-même. Oublier le vent, la pluie, le froid et juste assurer autant que tous les autres. Ne pas décevoir tous ceux qui étaient présents ici.

Ce qui me semblait insurmontable est apparu comme évident sur le coup. Je n’avais plus qu’une chose en tête, danser avec mes tripes, faire sortir tout ce que j’avais en moi face à ce paysage magnifique que je ne verrai peut-être qu’une seule fois dans ma vie.

J’ai eu la chance de danser dans des lieux magiques, au milieu des glaciers, sur une place de sable noir, des choses de la nature que je n’imaginais même pas exister.

Au quotidien, je suis souvent touchée par la beauté naturelle de notre environnement, la perfection de toutes ces choses qui nous entourent. Mais nous ne les regardons jamais assez. Ici nous étions au contact direct avec un décor qui ne peut qu’inspirer l’admiration.

J’ai essayé de capter chaque seconde de tout ce que je voyais, j’avais envie de m’arrêter à chaque paysage changeant pour l’admirer encore plus. J’étais vraiment très fatiguée car nous avions très peu dormi, mais en aucun cas je n’aurais loupé un morceau de ce qui défilait sous mes yeux.

Georgina ne cessait de me dire « regarde », « là », « ici »…!

Nous avons une chance incroyable de posséder cette diversité naturelle. Il est plus qu’impératif de la protéger et je suis fière aujourd’hui d’avoir participé à ma façon à la préservation de ce qui nous fait vivre. Car si nous sommes là aujourd’hui c’est bien grâce à notre environnement qui nous offre les conditions pour vivre. Alors respectons le au lieu de le détruire.

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